Daniel Keyes – Des Fleurs pour Algernon ***

DesFleursPourAlgernon

Éditeur : J’ai Lu – Date de parution : 2011 [1966] – 542 pages

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J’ai enfin eu l’occasion de me plonger dans ce fameux roman de science-fiction dont tout le monde parle ! Et c’était aussi pour moi l’occasion de cocher un livre supplémentaire dans ma liste de 100 livres à avoir lu dans sa vie… Challenge que j’avais un peu délaissé ces derniers temps, ce qui est dommage.

Charlie Gordon est un simple d’esprit, retardé de naissance. Il a la trentaine, mais a le comportement d’un enfant vis à vis des autres et du monde qui l’entoure. Lorsque le professeur Nemur et le docteur Strauss lui proposent une opération capable de le rendre intelligent, il accepte tout de suite. Avant et après l’opération, Charlie tient un carnet de bord, sur la recommandation des scientifiques qui le suivent. Et on voit peu à peu l’évolution de son écriture et les progrès qu’il fait, après l’opération. Cette opération n’a jamais été testée sur les humains ; seulement sur Algernon, une souris blanche. On suit au plus près l’évolution psychique de Charlie ; son regard qui change sur le monde qu’il a toujours connu, sa compréhension qui s’éveille et s’aiguise et les connaissance qui s’accumulent de façon fabuleuse.

Ce roman, en regard de la description psychique du personnage, tient du génie ! Au début, l’écriture m’a un peu déstabilisée : Charlie décrit son quotidien, et son écriture est donc remplie d’inombrables fautes, sans virgule ; il écrit les mots de façon phonétique.

C’est un roman qui questionne l’intelligence : est-elle vraiment une condition du bonheur ? Ne faut-il pas au contraire envier les simples d’esprit, le fait de ne connaître qu’une partie de la vérité, de ne pas avoir accès à la connaissance. Tout au long du roman se déploie l’allégorie de la caverne de Platon. Charlie, simple d’esprit, tourne le dos à l’entrée de la caverne, et ne connaît de la réalité que les ombres projetées sur le mur. A la suite de son opération, la lumière se fait dans son esprit, pour le meilleur et pour le pire.

Une lecture que je ne regrette pas, que j’ai trouvé littéralement géniale et qui m’a hantée, longtemps après.

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« Maintenant, je comprends que l’une des grandes raisons d’aller au collège et de s’instruire, c’est d’apprendre que les choses auxquelles on a cru toute sa vie ne sont pas vraies, et que rien n’est ce qu’il paraît être. »

« Ton génie a détruit ta foi dans le monde et dans ton prochain. »

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Livre lu dans le cadre du Challenge des 100 livres !

9 / 71

Les 100 livres