Jesse Kellerman – Les Visages **

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Éditeur : Points – Date de parution : 2011 – 473 pages

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Ethan Muller tient une galerie d’art dans le quartier de Chelsea, à New York. Un matin, l’homme de main de son père l’appelle : dans un appartement déserté et insalubre, on vient de découvrir la plus grande oeuvre d’art jamais créée. Ethan décide aussitôt d’exposer ces étranges tableaux qui mêlent des décors tortueux et torturés avec des visages de chérubins innocents. L’événement a un succès fou et l’oeuvre, fragmentée en plusieurs tableaux, s’arrache à des prix exorbitants. Mais un matin, Ethan reçoit l’appel d’un policier à la retraite qui lui affirme que ces visages sont ceux d’enfants victimes de meurtres irrésolus

La quatrième de couverture alléchante avait tout pour plaire et elle m’a instinctivement glacé le sang. Le roman alterne les incursions dans le passé de la famille Muller – que l’on ne comprend pas de prime abord – et le déroulement de l’intrigue au présent ; il faut essuyer quelques longueurs avant de pouvoir être vraiment captivé par ce roman policier d’un genre singulier – le narrateur lui-même, Ethan, ne cessera d’ailleurs de le répéter, soulignant l’absence de rebondissements ou de tension dramatique lorsqu’il raconte l’histoire. Il ressent quand même cette nécessité de raconter ce qui lui est arrivé, tant cela l’a bouleversé.

Alors en effet, le suspens n’est pas insoutenable mais Les Visages reste un thriller très intelligent qui se lit bien, et qui s’avère prenant, malgré beaucoup de longueurs qui m’ont empêché d’accrocher tout de suite à l’intrigue, qui se fait désirer. Par moment, je me suis fait la réflexion qu’il s’agissait plus d’un roman-fleuve que d’un thriller à proprement parler. Il faut simplement aller au-delà de ces petites longueurs, pour comprendre qu’elle ont tout leur sens…