Olivier Bourdeaut – En attendant Bojangles ***

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Éditeur : Finitude – Date de parution : octobre 2015 – 158 pages

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Dès les premières pages, la plume d’Olivier Bourdeaut nous emmène dans un monde très curieux et fascinant… A travers les yeux du jeune narrateur, nous découvrons des parents bien farfelus ; le père écrit des romans sans queue ni tête et raconte des histoires à dormir debout, la mère vouvoie tout le monde même son fils, le père affuble la mère d’un prénom différent tous les jours. Dans l’appartement, se balade également un drôle d’oiseau exotique, une demoiselle de Numidie, surnommé Mademoiselle Superfétatoire car elle ne sert à rien. « Mademoiselle était comme les histoires de mon père, elle dormait debout, avec la tête cachée sous son aile ». Ils passent des heures à danser en écoutant Mr Bojangles de Nina Simone sur leur vieux tourne-disque. Il y a l’Ordure, un drôle de sénateur, qui réclame toujours un « Caïpirowska ». Ils jouent aux dames sur les dalles en noir et blanc de leur entrée, improvisent des fêtes et des dîners pour n’importe quel prétexte…

Parallèlement au récit du fils, nous découvrons le récit du père en italique, qui nous raconte la genèse de sa rencontre avec cette femme touchée par la folie, dont il est fou amoureux et qu’il va épouser malgré tout. Dans cette famille, tout est fête et danse, poésie et excentricités, jeux et cocktails à toute heure du jour et de la nuit. C’est l’épouse, la mère, qui mène la danse. Cette femme aux multiples prénoms entraîne le père et le fils dans les confins de son imagination sans limite… Jusqu’au jour où elle va trop loin…

C’est avec délice que j’ai plongé, la tête la première, dans cet univers de folie douce ; je me suis attachée à cette famille qui se fiche des conventions et vit sur une autre planète. Je l’ai trouvée belle, cette façon d’aborder la maladie ; l’écriture d’Olivier Bourdeaut est légère et grave à la fois. Ce roman est à l’image de la chanson de Nina Simone, triste et gai. Profondément mélancolique et absolument fou.

Beaucoup d’avis positifs sur la blogosphère m’avaient fait craquer, comme ceux de Marcelpois & Charlitdeslivres 🙂

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« Le temps d’un cocktail, d’une danse, une femme folle et chapeautée d’ailes, m’avait rendu fou d’elle en m’invitant à partager sa démence. »

« Son comportement extravagant avait rempli toute ma vie, il était venu se nicher dans chaque recoin, il occupait tout le cadran de l’horloge, y dévorant chaque instant. »

« Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel. »

Iona Grey – Lettres à Stella **

9782365691628

Éditeur : Les Escales – Date de parution : mars 2016 – 487 pages

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Ce joli roman s’est retrouvé entre mes mains grâce au concours du Brocoli de Merlin 😉 que je remercie encore. Et il s’agit d’une nouvelle Lecture Commune avec Charlotte, du blog Charlitdeslivres !

Le roman se passe à Londres, à deux époques différentes. En 2011, nous suivons le parcours de Jess, une jeune femme un peu paumée qui a fuit le quotidien d’un compagnon violent et brutal. Elle trouve refuge dans une maison qui a l’air abandonnée, recouverte par le lierre, où le courrier s’entasse dans l’entrée. Un matin, une lettre tombe sur cette pile de courrier. Elle est adressée à Mrs S. Thorne… La curiosité la submergeant, Jess se met à la lire.

En 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, Stella, une jeune femme un peu naïve, vient tout juste de se marier avec un pasteur très taciturne et loin d’être tendre. Très vite, il part pour le front et la laisse seule. C’est dans une église en ruines, détruite par le Blitz, qu’elle fait la connaissance de Dan, un aviateur américain en permission… Ils tombent amoureux l’un de l’autre et s’écrivent des lettres lorsqu’il part. En 2011, Jess découvre cette boîte à chaussures contenant les traces du passé et décide de mener l’enquête pour savoir ce qu’il est advenu des deux amants.

A la lecture de ce roman, je me suis rendue compte que la romance n’est pas un genre fait pour moi… Au bout de 200 pages, j’ai commencé à m’ennuyer un peu… J’ai ressenti une désagréable impression de prévisibilité, de déjà lu, déjà écrit. C’est une belle histoire d’amour que nous décrit l’auteure, mais elle ne m’a pas touchée et je me suis sentie complètement extérieure à l’intrigue. J’ai cherché à être émue, en vain. Et pourtant, le sort réservé à Stella est révoltant, son mari est absolument abjecte. Mais j’ai trouvé que l’auteure tirait vraiment trop sur la corde sensible.

C’est dommage car c’était un roman prometteur. Les liens unissant les deux personnages féminins à deux époques différentes m’ont plu, ainsi que l’alternance du passé et du présent. Mais j’ai trouvé toute l’histoire clichée : j’ai eu du mal à y croire… Malgré la nostalgie qui se dégage de la fin et tous les ingrédients mis en place par l’auteure, la magie n’a pas opéré pour moi.

Je vous invite à lire la chronique de Charlitdeslivres par ici ! Et à lire d’autres chroniques, bien plus enthousiastes et positives que les nôtres, et surtout à vous faire votre propre avis 😉

Mes recommandations estivales…

Le mois de juillet pointant le bout de son nez, je vous propose une liste de lectures estivales, à emporter dans votre valise à tout prix… Merci à Carnet Parisien pour l’idée que je lui pique 🙂 Vous pouvez consulter ses propres recommandations ici !

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oubliés     trésor   ferrante   robes oubliées

Voici donc une liste de 4 titres indispensables à emporter en voyage – qui vous transporteront à leur façon et vous feront voyager en terres jamaïcaine, italienne, finlandaise… (cliquez sur chaque titre pour retrouver ma chronique de lecture)

Et vous, quels livres me conseillez-vous pour l’été ? Qu’emportez-vous dans votre valise ?

Benjamin Renner – Le grand méchant renard ****

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Éditeur : Delcourt – Date de parution : janvier 2015 – 183 pages

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En ce moment, j’ai une petite fringale de BD… C’est l’approche des vacances d’été ! Deuxième BD que je vous présente en peu de temps.

C’est l’histoire d’un renard qui se désespère car il ne fait peur à personne quand il se rend au poulailler, au contraire il se fait tabasser par les poules… Il repart toujours penaud, avec un panier de navets en guise de repas. Les animaux de la ferme ont tous l’habitude de le voir s’acharner à effrayer les poules et à rentrer bredouille. Le loup lui donne des conseils pour effrayer, en vain. Un jour, le renard parvient à voler les œufs de la poule et se retrouve à couver…

Et oui, moi aussi j’ai fini par succomber à ce drôle de renard, pas plus féroce qu’une huître, mais au grand cœur. Les dessins et les dialogues sont absolument cocasses. J’ai été charmée par les coups de crayons de Benjamin Renner, qui donnent le ton et sont truffés d’humour dans les moindres détails. C’est une BD adorable qui m’a arraché pas mal de sourires grâce à sa galerie de personnages, tous un peu timbrés, à leur façon. J’ai même eu envie de relire certains passages. Une farce animalière jouissive que j’ai dévorée…!

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