Carol Rifka Brunt – Dites aux loups que je suis chez moi ***

9782283026694

Éditeur : Buchet Chastel – Date de parution : mai 2015 – 493 pages

*

Nous sommes au milieu des années 80, dans une banlieue triste du New Jersey. On suit le quotidien d’une adolescente de quatorze ans, June Elbus, dont l’oncle Finn est atteint du sida, cette maladie qu’on n’ose pas encore nommer… June est une adolescente solitaire et taciturne, qui aime s’enfoncer dans les bois, s’inventer une vie au Moyen-Âge, sans que personne ne le sache. Elle éprouve pour son oncle tellement d’amour et d’admiration. Sa sœur Greta a tendance à être distante et très désagréable, alors qu’elles étaient inséparables il y a quelques années. Leurs parents, comptables, sont souvent absents et rentrent tard le soir, surtout pendant la saison des impôts.

Avant de mourir, Finn, qui est un peintre new-yorkais reconnu, souhaite peindre les deux sœurs. Une petite routine s’installe alors : chaque dimanche, les sœurs Elbus se rendent dans son appartement à Manhattan pour poser. Si ce rituel plaît à June, qui est en adoration devant son oncle, il énerve au contraire Greta, qui ne peut s’empêcher de lancer des remarques acerbes à tout bout de champ.

Le jour de l’enterrement, June aperçoit un homme à l’écart, rongé par le chagrin. Qui est-il ? Que cherche-t-on à lui cacher ?

Ce roman d’apprentissage m’a beaucoup émue. Je me suis immédiatement attachée à l’héroïne, cette adolescente si différente des autres, qui s’habille de façon démodée, qui passe son temps à s’échapper dans les bois, à marcher pendant des heures, à s’inventer une autre vie. Et qui semble être la plus touchée par la mort de Finn ; leurs souvenirs communs la hantent.

La mort de son oncle va être pour elle l’occasion de découvrir une nouvelle facette de la vie de celui-ci. June va découvrir également le  nouveau visage des adultes qu’elles croyaient connaître… Elle va devoir grandir d’un coup, au sein de cette époque où l’on ne connaît encore rien du sida, et où les gens ont toutes sortes d’a priori et de préjugés.

J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman – et j’ai eu du mal à rédiger cette chronique… Je ne peux pas trop en dire, de peur de vous gâcher le plaisir de lecture… Je vous laisse le découvrir par vous même qui sont ces loups. C’est en tous cas une lecture belle et puissante, qui questionne les liens familiaux, l’amour, et qui m’a bouleversée.

***

« Mais si on se retrouvait à éprouver la mauvaise sorte d’amour ? Si, par accident, on finissait par tomber amoureux de quelqu’un dont il serait dégoûtant d’être amoureux qu’on ne pourrait en parler à personne au monde ? L’amour qu’il faut reléguer de force aux oubliettes de son cœur, au point de transformer ce dernier en un trou noir. L’amour qu’on écrase encore et toujours mais qui ne rend jamais l’âme, malgré nos efforts pour le repousser et lui tordre le cou. »

« Peut-être que j’avais envie que Toby entende les loups qui vivaient dans l’obscur forêt de mon cœur. Et peut-être que c’est ce que ça voulait dire. Dites aux loups que je suis chez moi. Peut-être que c’était ça. Peut-être que Finn avait tout compris, comme d’habitude. Autant leur dire où l’on habite, parce qu’ils nous trouveront de toute façon. Ils nous trouvent toujours. »

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38 réflexions sur “Carol Rifka Brunt – Dites aux loups que je suis chez moi ***

  1. C’est une de mes meilleures lectures de l’année dernière ! Tout à fait bouleversant et plein de pudeur, de délicatesse. Je suis emballée par ton avis et je le partage complètement. Je crois qu’il vient (ou qu’il va) paraître en poche très prochainement chez 10/18, je crois

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  2. Pingback: Carol Rifka Brunt Dites aux loups que je suis chez moi – Lettres exprès

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