Italo Calvino – Le sentier des nids d’araignée ***

italo calvino

 

Éditeur : Folio – Date de parution : 2013 [1978] – 231 pages

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Nous sommes en Italie, en pleine Seconde Guerre mondiale. Pin est un enfant qui passe son temps à chanter et à crier dans les rues du carrugio. Il aime traîner avec les grands, au bar. Il connaît des chansons sur la prison, les femmes, la guerre. Il connaît une foule de choses qui ne sont pas de son âge. Le monde des grands le fascine et le révulse tout à la fois. Pin vit dans un logis miséreux, avec sa grande sœur que l’on appelle la Noireaude du carrugio, car elle couche avec tous les hommes de passage.

Pin aime se balader tout seul dans la campagne, et rêvasser dans cet endroit connu de lui seul et qui est devenu son refuge : le sentier où les araignées font leurs nids. Un soir, il vole le revolver d’un Allemand, et décide de le cacher dans un nid d’araignée. C’est son secret, personne ne pourra le découvrir.

J’ai immédiatement aimé la mélodie des mots et l’atmosphère qui se dégage de ce roman. Pin est un gamin solitaire, qui ne traîne qu’avec les adultes. Les enfants n’ont pas le droit de le fréquenter, il est trop mal élevé, vulgaire… C’est un personnage auquel on s’attache immédiatement.

D’Italo Calvino, je me rappelle avoir adoré Si par une nuit d’hiver un voyageur ; un roman complètement loufoque et indescriptible. Le sentier des nids d’araignée est son premier roman, et le ton est sensiblement différent. L’atmosphère de la guerre, le fascisme et la résistance nous sont racontés à travers le prisme des yeux d’un enfant différent, mais un enfant malgré tout. J’ai aimé la touche d’espoir qui clôt le roman…

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« Pin remonte le carrugio. Il fait déjà presque nuit, et il se sent seul et perdu dans cette histoire de sang et de corps nus qu’est la vie des hommes. »

« Quand il a fait quelque grosse et méchante blague et qu’à force de rire sa poitrine s’est emplie d’une tristesse lourde, Pin se rend, seul, du côté des sentiers du fossé et cherche l’endroit où les araignées font leur nid. »

« C’est triste d’être, comme lui, un enfant dans le monde des adultes, des grands. D’être toujours un gosse qu’ils traitent comme quelque chose d’amusant et d’ennuyeux, de ne pouvoir utiliser ces choses mystérieuses et excitantes qui leur sont propres, les armes et les femmes, et de ne jamais participer à leurs jeux. »