Fanny Salmeron – Les étourneaux ***

les étourneaux

Éditeur : Points – Date de parution : 2015 – 105 pages

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Une série d’attentats a eu lieu à Paris. Après les accusations, la révolte gronde. Pour fuir ce climat de fin du monde, trois amis, Brune, Lodka et Ari, s’enfuient, prennent le train, pour retrouver le calme d’une maison à la campagne dans la chaleur moite de l’été. Ils se racontent leurs rêves, ils cuisinent, ils tentent, malgré tout, de vivre.

Un curieux petit roman très court qui ne paye pas de mine. Des phrases en suspension. Le roman est édité une première fois en 2013. Mais sa sortie poche coïncide étrangement avec les événements de janvier, puis de novembre, et ça fait quelque peu froid dans le dos…

Ces vies minuscules sont racontées avec beaucoup de poésie, de mélancolie. Tout au long de ce roman qui flirte avec la science-fiction, se déroule une poétique de l’instant, un singulier soucis du détail. Le fil du texte est un peu décousu, il n’y a pas réellement d’intrigue, mais ça n’est pas le but de ce récit. Je pense qu’il est en effet à lire comme une réflexion sur la nature humaine, la solitude des uns, l’amour des autres, la violence de l’homme contrastant avec la pureté de la nature.

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« Mais quel est notre pouvoir, quand on aime ? Et quelles sont nos limites ? Infinies, les limites, les barbelés entre les gens, c’est infranchissable. »

« La danse de centaines d’oiseaux, au coucher du soleil. Une tornade vivante. Les étourneaux se suivaient comme des poissons, faisaient demi-tour, montaient jusqu’aux nuages, piquaient en flèche, transformaient le ciel en opéra fantastique. »

« Elles respirent de plus en plus fort. Leur joie résonne jusque dans la vallée. Plus forte que des bombes. »

« Ce qu’on ne sait pas non plus, c’est qu’il est très simple de fabriquer une bombe artisanale à fragmentation. Bien plus facile que de faire refleurir une orchidée en pot. »

Silène Edgar – Adèle et les noces de la Reine Margot ***

adèle

 

Éditeur : Castelmore – Date de parution : avril 2015 – 294 pages

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Adèle est une adolescente de quatorze ans qui s’entend mal avec ses parents. Ils ne sont jamais là, et quand ils sont présents ils lui font des reproches, sans cesse. Elle préfère traîner et discuter potins avec ses amies plutôt que d’être attentive en cours.

Lorsque le professeur de français leur donne à lire pendant les vacances La Reine Margot d’Alexandre Dumas, c’est la fin des haricots. Adèle en commence la lecture avec réticence, mais soudainement elle se met à en rêver la nuit… Elle se retrouve à la Cour de la reine Marguerite, en 1572 ; elle côtoient les personnages du roman. Et chaque nuit, le rêve se poursuit.

Même si l’on peut trouver certains passages relativement clichés sur la rébellion adolescente, la colère contre les parents, le meilleur ami qui n’ose pas avouer son amour… Même les personnages auraient mérité un peu plus d’épaisseur psychologique… Il demeure que l’héroïne est très attachante et que le roman se lit tout seul.

J’ai beaucoup aimé cette plongée dans l’Histoire. L’auteur intègre des passages du roman de Dumas, ainsi que des reproductions de tableaux. C’est un roman aux dimensions multiples : à la fois fantastique et historique, il est très plaisant à lire et j’ai passé un agréable moment de lecture.

Timothée de Fombelle – Tobie Lolness, tome 1 : La vie suspendue ***

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Éditeur : Folio Junior – Date de parution : 2010 – 393 pages

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Je vous présente ma deuxième Lecture Commune, encore une fois avec Claire de La Tête en Claire 🙂 Je sens que, parties comme on est, il va y en avoir d’autres très prochainement !! C’est toujours un plaisir d’échanger sur nos impressions, notre avancée dans le roman…

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Tobie Lolness a treize ans, il vit avec sa famille dans les branches de l’Arbre. L’Arbre est comme un pays à part entière ; je dirai même qu’il est la métaphore de notre planète. Certains vivent dans les Cimes, dans les Rameaux, mais les Basses-Branches sont moins fréquentées, c’est une région sombre, glaciale et humide. Dans l’Arbre vivent ces petits hommes qui ne font pas plus de deux millimètres de haut et pèsent quelques centi-grammes.

Parce que son père, scientifique de renom, a refusé de livrer le secret d’une invention révolutionnaire, la famille de Tobie est exilée à Onessa, dans les Basses-Branches… Puis elle est emprisonnée. Mais, grâce à la malice du père Lolness, Tobie parvient à s’échapper et se retrouve en cavale.

Ce roman est un petit bijou de littérature jeunesse dont la lecture m’a ravie ! Le texte est parsemé de réflexions implicites sur l’écologie, la nature et son avenir, et l’auteur développe une certaine philosophie de la vie, qu’on prend plaisir à lire en tant qu’adulte et qu’un enfant ne décèlera pas forcément.

Timothée de Fombelle a un réel talent de conteur, il nous emporte dans les contrées merveilleuses de son imaginationL’écriture est délicieuse et les pages, agrémentées des illustrations de François Place, se dévorent à une vitesse fulgurante. Ce roman est un hymne à l’inventivité et à la nature. Ce petit monde nous devient vite familier. On sourit, on rit, on est ému… Et on est séduit par la poétique de ce texte émaillé de métaphores arborescentes.

Pour lire le billet de Claire, c’est par ici : La Tête en Claire 🙂

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« Tobie, après pas mal d’efforts, était devenu l’ami des mots. Tous les jours, il voyait les miracles qu’ils font. Ils l’avaient sauvé de la solitude et de l’ennui. »

« Mais quand il fêta le troisième jour, avec un petit pain dur, et une assiette de moisi et qu’il compta qu’il lui en restait cent dix-sept à tenir, il comprit qu’on ne vit pas seulement d’air, d’eau, de chaleur, de lumière, de nourriture et de conscience du temps. Alors, de quoi se plaignait-il encore ? De quoi vit-on en plus de tout cela ? On vit des autres. C’était sa conclusion. On vit des autres. »

Bilan du mois de février

 

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Mieux vaut tard que jamais… Voici mon bilan du mois de février, riche en belles découvertes. J’ai lu 12 romans, mais je ne les ai pas tous chroniqués (et ils ne figurent pas tous sur la photo, car j’ai dû en rendre certains à la bibli!)

Un mois marqué par deux beaux coups de cœur :

J’ai lu deux romans dans le cadre du challenge des 100 livres :

Pour le moment, j’ai lu 5 livres sur 71 ; il me reste donc du pain sur la planche… et 10 mois pour lire les 66 livres restants, ne perdons pas espoir ! 😀

En somme, de très belles lectures, de tous horizons. Cependant, la littérature française reste dominante ce mois-ci.

Une srelieuseeule grosse déception, que je n’ai même pas pris la peine de chroniquer car je n’aurais rien eu à en dire… Il s’agit de La Relieuse du gué, de Anne Delaflotte Mehdevi. J’ai tout simplement cru mourir d’ennui durant cette lecture. Laborieusement, je suis parvenue à la fin, espérant encore découvrir cette atmosphère de mystère et de suspens que promettait la quatrième de couverture. Une attente déçue.

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Si je ne devais retenir qu’un film ce mois-ci, ce serait : Les Délices de Tokyo.

les délices de tokyo

Un film émouvant, aux personnages très attachants.

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Je vous souhaite de très belles lectures et découvertes culturelles pour ce mois de mars !

Toni Morrison – Home **

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Éditeur : 10-18 – Date de parution : 2013 – 141 pages

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Nous sommes dans les années 50, en pleine Amérique ségrégationniste. Franck Money est revenu de la guerre de Corée complètement brisé, en proie à l’angoisse. S’échappant d’un hôpital, il se met en route vers Atlanta, à la recherche de sa sœur gravement malade, afin de la ramener à Lotus, la ville de leur enfance, où leurs souvenirs les plus noirs planent encore.

Le récit est entrecoupé de souvenirs en italique et à la première personne ; souvenirs d’enfance, souvenirs de la guerre… Ce sont les propres démons de Franck qui le poursuivent et le hantent.

Si l’écriture est belle et poétique, je n’ai pas ressenti l’émotion à laquelle je m’attendais. C’est un récit ombrageux, très épuré, auquel j’ai eu du mal à prendre part. Ce n’était peut-être pas le bon moment pour cette lecture, il m’a manqué quelque chose.

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« Ils se sont dressés comme des hommes. On les a vus. Comme des hommes ils se sont mis debout. On n’aurait pas dû se trouver à proximité de cet endroit. Comme la plupart des terres cultivées à l’extérieur de Lotus, Géorgie, celle-ci comportait une multitude d’avertissements effroyables. Les menaces étaient accrochées à des clôtures en treillis retenues par un pieu tous les quinze mètres environ. »

« Un clair de lune dément, assorti à sa frénésie désespérée, faisait le travail d’étoiles absentes en éclairant ses épaules voûtées et les empreintes de ses pas dans la neige. »

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Livre lu dans le cadre du Challenge des 100 livres !

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Les 100 livres