Nell Leyshon – La Couleur du lait **

9782264064530WEB

Éditeur : 10-18 – Date de parution : 2015 – 186 pages

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Nous sommes en 1831, dans la campagne anglaise du Dorset. Mary vient d’avoir quinze ans. Elle a une patte folle et les cheveux de la couleur du lait. C’est de façon maladroite qu’elle prend la plume pour nous écrire son histoire. Élevée avec quatre sœurs par un père violent et une mère effacée – le grand-père, paralysé des jambes, est le seul être qui semble la comprendre – Mary est envoyée, contre de l’argent, chez le pasteur Graham pour servir et tenir compagnie à son épouse malade. Avec cette femme fragile et douce, Mary découvre la bienveillance, la douceur et un univers à des années-lumière du sien ; avec le pasteur, elle découvre l’écriture et la lecture, mais pas seulement

On sent poindre le drame dès les premiers mots de ce singulier texte. Chaque chapitre s’ouvre sur une saison nouvelle et les mêmes mots semblent revenir comme une scansion : « ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main. nous sommes en l’an de grâce mille huit cent trente et un, j’ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. »

Mary semble pressée par le temps, elle a également besoin de faire des pauses dans son récit. Un récit qui semble maladroit, les phrases ne comportent pas de majuscules, elles donnent une impression de dénuement total, de fragilité. La langue elle-même est fragile, imparfaite ; c’est celle d’une fille de la ferme qui vient d’apprendre à écrire.

Peu à peu, la vérité s’écrit. Le texte oscille entre douceur et brutalité. C’est un récit très étrange et poétique, qui par moments m’a touchée, tout en me laissant parfois un indéfinissable sentiment d’indifférence, sans savoir vraiment me l’expliquer…

***

« et soudain c’était comme si on soulevait un couvercle au-dessus de nos têtes. les nuages ont rapetissé et ils sont partis, le ciel s’est éclairci et les étoiles se sont éteintes. »

« je respirais l’odeur du tabac, du feu et de l’automne mélangés. j’écoutais le craquement du bois et le crépitement des flammes. les feuilles humides dégageaient une fumée épaisse. »

« ça me fait deuil de vous raconter tout ça. il y a des choses que je n’ai pas envie de dire. mais je me suis juré que je dirais tout exactement comme ça s’est passé. j’ai promis alors je dois continuer. »

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