Jean Giono – Un roi sans divertissement **

giono

 

Éditeur : Folio – Date de parution : 2011 –  [1972] – 243 pages

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Après avoir commencé Chéri, de Colette, qui figure aussi dans la liste du challenge des 100 livres, je l’ai abandonné au profit d’Un roi sans divertissement, de Giono, ma première lecture de l’auteur.

Tout commence avec un hêtre, majestueux. Le narrateur, dont nous ne connaîtrons jamais tout à fait l’identité, nous fait remonter le temps jusqu’en 1843. Le début du roman est très obscur, on a aucune idée où l’auteur nous emmène.

De mystérieuses disparitions surviennent durant l’hiver 43 : Marie Chazottes, Bergues… Et les deux hivers suivants, rebelote. Un matin, Frédéric II découvre un cadavre et des ossements dans les branchages du hêtre.

« Ce qu’il me faudrait savoir, dit-il, c’est pourquoi on les tue et pourquoi on les emporte ? » J’ai aimé cette atmosphère aux allures de roman policier. Les paysages enneigés et brumeux, ces terres souvent inhospitalières aux nuages bas sont décrits à merveille.

L’écriture est soyeuse et ensorcelante. Elle oscille entre langage parlé imitant à la perfection le patois et lyrisme. Si je suis conquise par la petite musique de l’écriture de Giono, délicieuse, parsemée d’un humour fin, la narration m’a perdue dans la deuxième moitié du roman…

Une lecture qui fut tour à tour plaisante et déconcertante.

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« Tout entièrement recouvert de brouillards : un océan de sirop d’orgeat aux vagues endormies, dans lequel ces jets de lumière blanche devaient faire surgir, comme des îles blêmes serties de noir, l’archipel des sommets de montagnes. La géographie d’un nouveau monde. »

« On avait l’impression que, peut-être un jour, brusquement, au détour de cinq minutes, un éclat de rire, une larme, ou n’importe quoi, finirait par nous expliquer ce qui ne s’était jamais expliqué. On avait toujours les yeux fixés sur l’emplacement où s’était tenu Langlois, et voilà pourquoi, nous autres, souvent, nous allions fumer nos pipes sur ce flanc de coteau qui dominait le labyrinthe de buis du Bongalove. »

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Livre lu dans le cadre du Challenge des 100 livres !

4 / 71

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