Francisco Goldman – Dire son nom ***

dire son nom

 

Éditeur : 10-18 – Date de parution : 2012 – 474 pages

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Pas vraiment un roman, l’auteur nous livre un récit en hommage à la femme qu’il aime et qui est morte. Francisco Goldman écrit en effet ce « roman-mémoire » comme pour sublimer le deuil de sa femme. L’écrivain rend hommage à son épouse Aura, qui s’est noyée, emportée par les vagues sur une plage au Mexique, sa terre natale. Elle avait trente ans.

Sous la forme d’une collecte de souvenirs, en relisant ses journaux intimes et ses écrits, l’auteur nous raconte la femme aimée« Descendre dans le souvenir tel Orphée pour ramener un instant Aura à la vie, tel est le but désespéré de tous ces petits rites et reconstitutions inutiles. »

Un très joli récit, parsemé de références littéraires, de citations d’auteurs. On voyage de Mexico à Brooklyn. La prose de l’auteur est touchante et fluide. Pas à pas, on voit cet homme tenter de faire son deuil, de comprendre ce qui lui arrive.

Ce roman hybride pourrait avoir un petit côté malsain et voyeur à raconter ainsi l’intimité de cet amour, et l’intimité de cet homme en deuil. Mais ce n’est pas le sentiment que j’ai eu à ma lecture. La mise en roman se fait aisément, elle coule de source. Cette confrontation entre réalité et fiction resurgit dans le prolongement de ma lecture du dernier Delphine de Vigan…

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« La découverte qu’il était possible de passer presque toute une journée dans un hamac à lire, écrire, regarder l’océan, rêvasser ou fermer les yeux pour écouter les cris et les rires des enfants du pêcheur, leurs fragments de discours apportés par le vent comme des vers de poésie expérimentale. »

« Pourquoi le Petit Chaperon rouge veut-il aller avec le vieux loup ? Aura pressa son front tiède contre le mien : Voilà pourquoi. La poésie. Elle répéta : LA POÉSIE. Le Petit Chaperon rouge veut être poète lui aussi. »

« Je ne me sentis pas bien après, mais elle était partie, cette sensation de vide absolu et de peur qui m’érodait de l’intérieur avec une précision géométrique, comme une preuve mathématique que la vie, du moins la mienne, n’a pas de sens. »

« Serrez-la fort, si vous l’avez, serrez-la fort, pensai-je, tel est mon conseil à tous les vivants. Respirez-la, mettez le nez dans ses cheveux, respirez profondément. Dites son nom. ce sera toujours son nom. Même la mort ne peut le voler. Le même, vivante ou morte, toujours. Aura Estrada. »

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