Alessandro Baricco – Océan mer ***

Océan mer

 

Éditeur : Folio – Date de parution : 2002 – 282 pages

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En ouvrant ce roman, on fait la connaissance de personnages très curieux, tout droit sortis d’une imagination farfelue : Plasson, qui ne peint que des tableaux blancs, Dira, la drôle d’enfant très intelligente pour son âge, Elisewin et son étrange maladie, le père Pluche et ses prières, le professeur Bartleboom qui écrit un Encyclopédie des limites observables dans la nature avec un supplément consacré aux limites des facultés humaines, Ann Devéria et son désir irrépressible de vivre… Et puis il y a ces enfants qui vous inventent un rêve avant de dormir.

Ils séjournent tous à la pension Almayer, en face de la mer, balayée par le vent du nord, sur les terres de Carewall. L’atmosphère est assombrie par le naufrage d’un navire, l’Alliance, qui semble avoir eu lieu peu de temps avant la rencontre de tous ces personnages.

Le début de ce récit est très étrange, aucun indice de temps ne nous ai donné pour savoir à quelle époque nous sommes. Et l’écriture est pour le moins déroutante : des bouts de phrases, des alinéas incongrus, des passages en forme de dialogues de théâtre… On ne sait pas où l’auteur nous emmène, mais on va quelque part.

Comme le dernier roman que j’ai lu d’Alessandro Baricco, Trois fois dès l’aube, était un coup de cœur, je me suis laissée entraîner, à l’aveuglette. L’écriture elle belle, l’auteur n’a pas son pareil pour décrire la mer, c’est hypnotisant.

Finalement, c’est un roman énigmatique, charmant et absurde. Un véritable ovni littéraire, qui pourrait très certainement en dérouter – voire en agacer – plus d’un, mais qui m’a fait sourire et m’a plu. C’est à la fois un roman d’aventure, une réflexion poétique et philosophique, où la mer semble être le personnage central vers qui tous les êtres sont attirés, et qui les transforme à jamais.

Cette lecture est une folie douce ! 

Elle nous emporte on ne sait où, mais ça n’a aucune importance.

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« Ce sont les désirs qui vous sauvent. Ils sont la seule chose vraie. »

« C’est le bord de la mer, père Pluche. Ni la terre ni la mer. Un endroit qui n’existe pas. »

« La première chose c’est mon nom, la seconde ces yeux, la troisième une pensée, la quatrième la nuit qui vient, la cinquième ces corps déchirés, la sixième c’est la faim, la septième l’horreur, la huitième les fantasmes de la folie, la neuvième est la chair et la dixième est un homme qui me regarde et ne me tue pas. »

« Peut-être que le monde est une blessure et quelqu’un en ce moment la recoud, avec ces deux corps qui s’emmêlent. »

« Rien ne pourra me prendre le souvenir de ces moments où j’étais, de tout mon être, tienne. »

 

Pépites dénichées dans une braderie…

Petits moments de bonheurs simples en ce samedi frileux de la fin novembre : dénicher quelques bouquins à petits prix en fouinant dans une braderie du quartier! De quoi réchauffer le cœur et mettre de bonne humeur 😀 Ce qui n’est pas évident en ce moment… Je viens de perdre ma voix – aphonie totale – et lundi à midi j’ai ma première inspection au collège… Y’a plus qu’à prier pour que je retrouve ma voix d’ici là !!

 

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  • Les humeurs insolubles, de Paolo Giordano

Présentation de l’éditeur : « Pendant des années ils se sont abandonnés à ses soins, à la sécurité qu’elle leur transmettait : madame A., la servante au grand cœur, a élevé avec amour le petit Emanuele et materné ses parents, faisant face à toutes leurs incertitudes. Aussi, quand elle s’éloigne discrètement pour affronter seule la maladie, le monde semble s’écrouler. Nora et le narrateur s’aiment, mais cela ne suffit pas; ils se sentent soudain démunis, ne savent comment s’y prendre, et les humeurs de chacun prennent le dessus. Contrairement à ce qu’ils pensaient, les fluides qui coulent en eux ne peuvent se mélanger. Mais, avant de les quitter définitivement, madame A. saura leur insuffler le courage de prendre en main leur vie. Dans ce roman d’apprentissage familial, intimiste, habité, une histoire de deuil se mue en histoire d’amour. »

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  • Petits moments de bonheur volés, de Francesco Piccolo

Présentation de l’éditeur : « Errer de nuit dans les rues désertées de Rome en plein mois d’août. Monter dans le train et espérer trouver quelqu’un à sa place pour l’en chasser avec délectation. Rester sagement assis, pendant que tous les invités se ruent sur le buffet, parce qu’un ami est allé nous chercher à manger…
À mi-chemin entre Je me souviens de Perec et La Première Gorgée de bière de Philippe Delerm – mais avec cette petite touche de fantaisie si italienne –, Francesco Piccolo met à nu les plaisirs les plus inavouables, les petits vices et les faiblesses avec lesquels nous avons tous composé un jour… »

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  • La petite barbare, de Astrid Manfredi

Présentation de l’éditeur : « Moi, monsieur, je suis pleine du bruit assourdissant de vivre. » De la vénalité apprise dès l’enfance à l’incarcération pour complicité de meurtre, une fille de vingt ans jette à la face du monde le récit d’un chaos intérieur et social. Comment devenir une autre ? Est-ce possible ? Le roman brut et stupéfiant d’un monstre de beauté animé par la rage de vivre…

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Deux romans italiens qui m’avaient fait de l’œil en librairie et un premier roman dont j’ai beaucoup entendu parler sur la blogosphère 🙂

Nathalie Papin – Le pays de Rien ***

le pays de rien

 

Éditeur : L’Ecole des loisirs – Date de parution : 2012 – 48 pages

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Le pays de Rien est dirigé par un roi qui mène d’étranges guerres. En effet, depuis qu’il est au pouvoir, il a décidé que le rien devait tout surpasser : les cris et les soupirs sont mis en cage pour l’éternité. Les couleurs sont contenues dans un immense lac qui ne doit jamais déborder. Le roi veille à ce qu’il n’y ait tout simplement rien autour de lui aucune vie, aucun débordement n’est toléré. Tout le monde a fini par déserter ce pays ou par en être chassé.

Un jour, en laissant échapper un de ses cris, la fille du roi ouvre une brèche dans le pays du Rien, par laquelle un garçon qui siffle se faufile…

« J’ai rencontré un garçon près des cages à cris. Il m’a montré l’autre côté de notre pays. J’ai vu des enfants tout gris qui traînaient des sacs plus gros qu’eux… Ils cherchent un endroit pour poser leurs rêves… Au pays de Rien, ce serait très bien. »

De l’autre côté de ce curieux pays immobile, il y a des enfants errants qui cherchent un endroit pour poser leurs rêves.

Une très jolie pièce, poétique et pleine de charme mettant en scène la liberté opprimée et nous invitant à céder à l’imagination, la création. Une parabole riche en interprétations, libre d’ailleurs d’être interprétée selon la sensibilité de chacun. Je pense que chacun y trouvera de quoi se nourrir : c’est un texte nourricier, en somme.

Don Carpenter – La promo 49 ***

la promo 49

 

Éditeur : 10-18 – Date de parution : 2014 – 143 pages

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Portland, 1949. Clyde, Tommy, Sissy et leurs camarades terminent le lycée. A travers de brefs chapitres, nous découvrons des êtres à la frontière de l’âge adulte, entre bals, cuites, virées à la mer, coups d’un soir…

Les chapitres se succèdent à toute vitesse, comme des tranches de vie, des instantanés, nous offrant les moments d’une jeunesse égarée, rattrapée par la réalité. Les personnages, nombreux, apparaissent plus ou moins furtivement. Certains se perdent de vue, s’engagent dans la marine, insouciants, d’autres se marient, sans vraiment l’avoir choisi.

Ce roman aux accents nostalgiques comme un vieil album photo, nous raconte ce passage de l’adolescence à l’âge adulte, ce moment où l’on se trouve perdu, où les rêvent se réalisent ou se brisent.

Dans un style concis, distancié, Don Carpenter dresse un portrait à la fois tendre et cruel de cette jeunesse américaine à l’aube des années 50.

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« Marietta ne comprenait pas pourquoi elle l’aimait, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle se dit que si elle était sortie avec lui, son amour se serait envolé, mais l’opportunité ne se présenta jamais si bien qu’elle passa l’été à aimer sans être aimée en retour. »

Pascal Manoukian – Les échoués ***

les échoués

 

Éditeur : Don Quichotte – Date de parution : août 2015 – 297 pages

4ème de couverture : « 1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d’assaut les routes qu’ils sont en train d’ouvrir.
Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs. »

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Ce premier roman de Pascal Manoukian, nous raconte le destin de trois clandestins, au début des années 90. Trois hommes qui ont fui un pays de malheur pour chercher un monde meilleur, plus au Nord, plus à l’Ouest. Trois hommes qui ont échoué en France, en espérant y trouver une vie meilleure. Ils sont Moldave, Bangladais, Somalien. Ils s’appellent Virgil, Chanchal, Assan.

La voix d’un narrateur omniprésent et omnipotent nous raconte leur traversée, leur périple pour atteindre la terre promise et surmonter les obstacles. « Comment témoigner de ces neuf mois de route, de ces blessures à jamais ouvertes, des humiliations, de ce monde empreint de lâcheté, de violence, du manque d’humanité, de cette négation de la vie… »

S’ils font face à l’inhumanité la plus totale durant leur périple, sous le joug de la barbarie, frôlant la mort, ils font également de belles rencontres, lumineuses, qui les changeront à jamais.

Une écriture sobre, qui met à distance la douleur des personnages, leur calvaire, leurs souffrances. Une écriture dénuée de tout pathos et qui n’est jamais larmoyante.

Un roman très fort et touchant, un de ceux dont on ne sort pas indemne, les oreilles bourdonnantes et les pensées en émoi. Virgil, Chanchal et Assan, personnages très attachants, ne s’estomperont pas de sitôt de ma mémoire… L’auteur trouve les mots justes et porte un regard terriblement intelligent et lucide sur l’état du monde à l’aube du XXIème siècle. 

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« Aujourd’hui encore, il ne trouve aucun mot dans aucune langue, aucun dictionnaire, pour décrire ce que furent ces dix-huit jours de traversée, ces deux cent quatre-vingt-seize kilomètres qui séparent l’Afrique sans espoir de l’Europe de toutes les attentes. »

« En voulant mettre si peu de barrières à l’islam, Assan pensait qu’on prenait le risque de laisser les fous et les barbares parler en son nom. En Afghanistan, en Somalie, ils décapitaient et lapidaient déjà, invoquant une religion que lui ne reconnaissait plus. Partout, ces attardés réclamaient le sang au nom du saint Coran, s’essuyant les pieds sur la foi de millions de musulmans comme lui, les désignant du doigt aux frontières, aux aéroports, aux entretiens d’embauche. »

Livre lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire!

4/6

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Philippe Besson – Vivre vite ***

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Éditeur : Julliard – Date de parution : janvier 2015 – 238 pages

Présentation de l’éditeur : « Aussi célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, dresse, à travers la voix de ses proches, le portrait intime d’un garçon de l’Indiana, inconsolable et myope, turbulent mais d’une beauté irrésistible, qui s’est donné à tous, sans jamais appartenir à personne : un acteur incandescent devenu, en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle. »

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Ce nouveau roman de Philippe Besson retrace la courte vie de James Dean. En choisissant de donner la parole à toutes les personnes que l’enfant, l’adolescent puis l’acteur, a croisées dans sa vie et qui l’ont connu, ce roman choral nous donne à voir un jeune homme à la beauté crépusculaire, au tempérament enflammé, pressé de vivre et de profiter de la vie.

Philippe Besson possède une écriture sensible, puissante, et il dresse un portrait touchant de l’acteur qui est devenu une célèbre icône en seulement trois films et s’est éteint tragiquement à l’âge de vingt-trois ans.

C’est un livre que j’ai tout simplement dévoré, j’en ai tourné les pages sans m’en rendre compte, à toute allure !

Un récit poignant, chargé de mélancolie. Au fil de ma lecture, me sont revenues les images de La fureur de vivre, seul film que j’ai vu avec James Dean et qui m’avait subjuguée. Il me reste à voir absolument A l’Est d’Eden et Géant !

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« On n’échappe pas à son destin. Le sien était d’être une étoile et de passer comme une comète. »

« Je ne me doutais pas que ce sourire finirait, un jour, dans un amas de tôle froissée sur une des routes de notre Californie. »

« J’ai souvent pensé à ces jours et je me suis longtemps demandé si ceux qui vont mourir ont la prémonition que leur existence sera brève. Et si, du coup, cela les conduit à vivre plus intensément. Je n’ai pas trouvé la réponse. »

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Torben Kuhlmann – Lindbergh, La fabuleuse aventure d’une souris volante ***

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Éditeur : NordSud – Date de parution : 2014

4ème de couverture : « Il y a bien des années, une petite souris curieuse et ingénieuse rêve de partir loin de son pays, pour échapper aux dangers. Elle construit une machine volante et traverse l’Atlantique… C’est le début d’une fabuleuse aventure. Et si on réécrivait l’histoire de l’aviation ? »

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Une petite souris se rend compte que ses amies, peu à peu, ont disparu. La ville, envahie par les pièges à rats nouvelle génération, est devenue dangereuse… La petite souris devine que ses amies sont sûrement parties en Amérique, ce lointain pays où « une statue géante accueillait tous les nouveaux arrivants, hommes ou souris. »

C’est en découvrant l’existence des « souris volantes », avec leurs ailes noires comme l’encre, qu’elle a une idée grandiose : elle va se fabriquer des ailes pour traverser l’Atlantique et retrouver ses amies.

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Ainsi débutent ses expérimentation pour se fabriquer des ailes, puis après les échecs et les chutes, elle se fabrique un fabuleux avion sur-mesure…

Cet album, lu dans le cadre de la mise en oeuvre du Prix Nénuphar au collège, est tout simplement magnifique ! Les aquarelles, dans les tons sépia, reflètent beaucoup de douceur. J’ai été séduite par cet album qui réinvente l’histoire de l’aviation avec beaucoup de charme et de malice.

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Antonio Moresco – La Petite lumière **

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Éditeur : Verdier – Date de parution : 2014 – 123 pages

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Un homme a choisi de vivre seul, de se retirer du monde, de la vie citadine. Il habite dans un petit hameau reculé, en pleine nature. Tous les soirs, à la même heure, une petite lumière s’allume au loin. De plus en plus intrigué, le narrateur décide de savoir d’où elle provient… Il découvre une maison en pleine forêt, où vit un enfant, tout seul, sans parents.

Cet homme solitaire, a quelque chose d’énigmatique, il parle aux arbres, aux oiseaux… On voyage dans les méandres de ses pensées ; il se pose beaucoup de questions et il interroge sans cesse le monde qui l’entoure, la nature. L’écriture poétique se déroule en longues phrases.

Un livre très étrange, dans lequel je ne suis pas parvenue à m’immerger complètement, certainement à cause des récents événements… J’aurai peut-être dû le lire à un autre moment. Certains passages, aux phrases très longues, décrivant la nature et la végétation, quelque peu interminables, m’ont perdue à certains moments. Cela n’enlève toutefois rien à la beauté et à la poésie des mots de l’auteur.

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« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant. »

Neil Gaiman – Coraline ***

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Éditeur : Albin Michel, collection Wiz – Date de parution : 2003 – 152 pages

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Au CDI, j’ai monté un Club de lecture auquel une douzaine d’élèves participent… Nous sommes en train de créer une bibliothèque « virtuelle » sur Babelio et nous avons sélectionné une vingtaine d’ouvrages. La semaine dernière, chaque élève a choisi un livre dans cette bibli et j’ai joué le jeu en emportant chez moi Coraline de Neil Gaiman, car ça faisait un moment que je souhaitais découvrir cet auteur… 🙂

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Coraline Jones est une fillette qui vient d’emménager dans une grande et curieuse maison, composée de trois appartements. Pour tromper son ennui, elle joue les exploratrices et se met à explorer la demeure de fond en comble. Face à son ennui, ses parents lui offrent une attitude à chaque fois nonchalante et désintéressée : « Apprends à faire des claquettes » lui répond son père sans se tourner vers elle. Ses voisins sont tous plus curieux les uns que les autres : entre les demoiselles Spink & Forcible qui déblatèrent sur leur passé et « le vieux toqué d’en haut » qui tente de faire chanter ses rats… Et tous s’entêtent à l’appeler Caroline. Personne ne semble vraiment faire attention à elle.

En furetant dans l’appartement, elle découvre une porte s’ouvrant sur un mur de briques. Mais une nuit, elle croit apercevoir une forme noire se mouvoir et filer dans entrebâillement de cette porte. Profitant de l’absence de sa mère, elle glisse la clé dans la serrure de la fameuse porte et l’ouvre. Devant elle, le mur de briques a disparu et laisse place à un long couloir sombre… Elle s’y enfonce… Et se retrouve dans un appartement qui est l’exacte double du sien : tout y est absolument pareil, à quelques détails près… c’en est déroutant.

L’univers de ce curieux et attachant roman s’inspire très fortement d’Alice au pays des merveilles. A l’autre bout du couloir, de l’autre côté du miroir, il y a des parents sournoisement accueillants et bienveillants, aux yeux en forme de boutons, un chat noir qui parle et n’a pas de nom, des jouets qui se mettent à vivre… Si cet Autre monde a l’air parfait, le cauchemar et le malaise s’installent rapidement.

L’atmosphère d’étrangeté est parvenue à me faire froid dans le dos par moments. On se plonge dans ce roman qui fourmille d’imagination, on se glisse dans ce monde absurde et horrifique en deux temps trois mouvements et c’est fort plaisant.

J’ai beaucoup aimé l’écriture toute en images et métaphores, qui décrit à merveille cet envers du miroir. Un vrai plaisir de lecture que ce roman qui plaira aux plus jeunes comme aux plus grands!

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« L’idée lui vint que si elle ouvrait la porte, elle découvrirait une chambre déserte – ou plus exactement, que la chambre resteraient vide jusqu’au moment précis où elle ouvrirait la porte. »

« Parfois, Coraline oubliait qui elle était quand elle rêvait qu’elle explorait l’Arctique ; alors il fallait lui taper sur l’épaule en l’appelant par son nom pour qu’elle franchisse d’un bond un million de kilomètres et revienne en sursaut dans la réalité. En un quart de seconde elle devait se remémorer qui elle était et comment elle s’appelait, et constater qu’elle était là et pas ailleurs. »

« C’était une voix sèche, éraillée, où perçait une espèce de bruissement. Coraline pensa à un gros insecte mort. (…) Sa voix rendait le même son que les feuilles mortes quand elles frottent contre le trottoir. »