Nouveaux venus dans ma PAL…

PAL

L’hiver est le temps de la lecture. Quand il fait un froid de canard dehors, rien de mieux que de rester au chaud, lovée au creux d’un plaid, avec un chocolat chaud et un bon bouquin. Je crois que ma PAL conséquente va pouvoir m’aider à affronter vaillamment les affres de l’hiver.

Pour réchauffer et réconforter, rien de mieux que la lecture! Voici mes nouveaux venus, au gré des vide-greniers, et des achats éparpillés :

  • La Guerre des Clans, de Erin HUNTER. Les trois premiers tomes. C’est une élève de mon Club Lecture qui m’en a parlé avec énormément d’engouement et comme par hasard, je suis tombée dessus dans un vide-grenier. Je n’ai pu résister! Une série qui retrace les aventures de chats sauvages répartis en différents clans…
  • La Peau de l’ours, de Joy SORMAN. Pour « un singulier voyage dans la peau d’un ours » d’après la 4ème de couverture. Sous la forme d’un conte, le récit raconte l’histoire d’un homme qui serait né de l’accouplement d’une femme avec un ours.
  • Mary, de Emily BARNETT. D’après la 4ème de couverture, c’est un récit brumeux, qui oscille entre réel et imaginaire, ça peut donc me plaire. De plus, j’ai trouvé la couverture en bandeau très belle.
  • Quand on est mort, c’est pour toute la vie, de Azouz BEGAG. Un peu de littérature jeunesse avec un Scripto!
  • Je m’appelle Blue, de Solomonica DE WINTER. Celui-là, il me le fallait absolument, j’en ai entendu beaucoup de bien.
  • Chaque soir à onze heures, de Camille BENYAMINA et Eddy SIMON. J’en ai entendu parler aussi sur un ou deux blogs et j’ai craqué. En plus, il s’agit de l’adaptation d’un roman de Malika Ferdjoukh. Je viens de découvrir cette auteur avec sa série Quatre sœurs et j’ai A-D-O-R-E. 🙂

Je suis parée !

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Romain Gary (Emile Ajar) – La vie devant soi ***

la vie devant soi

Éditeur : Folio – Date de parution : 2010 – 273 pages

Présentation de l’éditeur : « Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça pardonne pas » et parce qu’il n’est « pas nécessaire des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meurt et même au-delà de la mort. »

***

On fait la connaissance de Mohammed, dit Momo. Petit garçon arabe d’une dizaine d’années, qui ne connaît même pas le jour de sa naissance. Il habite dans un appartement avec d’autres enfants, dans le quartier de Belleville, chez Madame Rosa, une vieille femme juive qui pèse pas loin de quatre-vingt-quinze kilos et qui a chaque jour de plus en plus de mal à monter les 6 étages de l’immeuble. Madame Rosa est une ancienne prostituée qui s’occupe des enfants abandonnés par leurs mères prostituées.

Quand il ne se donne pas en spectacle dans la rue avec Arthur, son parapluie qu’il habille d’un chapeau melon et d’un costard, Momo vole dans les magasins de temps à autres pour se rendre intéressant et trouver sa mère. Ce vide maternel le rend fou très tôt.

Momo nous raconte avec une simplicité déconcertante et avec ses propres mots son quotidien et les gens qu’il connaît. Il y a Banania, qui est toujours heureux, Moïse qui finira par se faire adopter. Il y a Monsieur Hamil, marchand de tapis ambulant, grand lecteur de « Monsieur Victor Hugo » et qui lui donnera ses plus belles leçons de vie. Il y a Madame Nadine, qui double les voix dans les films. Momo aime beaucoup aller dans la salle de doublage, « cette salle où ils ont les moyens de faire reculer le monde ».

Il nous parle surtout de cette femme, Madame Rosa, la seule femme qu’il a aimée dans sa jeune vie. Bientôt, Madame Rosa ne peut plus monter les escaliers. Elle reste chez elle. Elle se meurt et il n’y a plus que Momo pour rester à ses côtés. Il ne la laissera pas tomber et elle n’ira pas mourir à l’hôpital.

Cette voix d’enfant sonne terriblement juste et ce regard porté sur le monde est émouvant. Momo, qui n’a pas sa langue dans sa poche, parle sur un ton léger et amusé, mais cela cache une douleur bien grande. J’ai refermé ce livre avec le cœur serré ; je n’ai pu que m’attacher à Momo, passant du sourire aux larmes en très peu de temps au fil des pages. En lisant la fin, j’ai beaucoup pensé à la pièce  de théâtre Pacamambo, de Wajdi Mouawad.

La vie devant soi est le premier livre que je lis de Romain Gary, et il me donne envie de me pencher sur l’ensemble de son oeuvre!

***

« J’ai pensé à Madame Rosa, j’ai hésité un peu et puis j’ai demandé :

– Monsieur Hamil, est-ce qu’on peut vivre sans amour ? »

« Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre. On est pas du même bord, lui et moi, et j’ai rien à en foutre. »

« Je n’avais pas le moral et les bonnes choses sont encore mieux quand on a pas le moral. Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d’habitude. »

« Monsieur Hamil m’avait souvent dit que le temps vient lentement du désert avec ses caravanes de chameaux et qu’il n’était pas pressé car il transportait l’éternité. Mais c’est toujours plus joli quand on le raconte que lorsqu’on le regarde sur le visage d’une vieille personne qui se fait voler chaque jour un peu plus et si vous voulez mon avis, le temps, c’est du côté des voleurs qu’il faut le chercher. »

« – On est jamais trop jeune pour rien, docteur, croyez-en ma vieille expérience. »